AC/DC LE RETOUR EN FORCE
Triomphe aux USA. Triomphe en Europe. Angus à plus d' un tour dans son cartable. Ces cancres d'AC/DC n'ont pas raté leur rentrée. Bonne leçon pour tous ceux qui croyaient leur en donner...



AC/DC 84 au complet avec son nouveau batteur Simon Wright

C'est pas trop tôt ! Angus et sa bande se sont enfin décidés à faire un tour du côté de chez nous. Reconnaissons — tout de même — que cela valait la peine d'attendre... Car le triomphe de leur tournée européenne, après celui de leur tournée américaine, est la preuve qu'AC/DC reste un grand groupe et, surtout, une formidable rock-machine de scène.
Nous avions déjà rencontré AC/DC avant qu'ils n'entament leur tour européen, dans les luxueux salons d'un grand hôtel parisien. Simples, décontractés et volontiers rieurs, Brian (la "casquette hurlante") et Malcolm (le riffeur démoniaque) ont bien voulu répondre à vos questions devant leurs bières et... le micro d'HARD ROCK MAGAZINE.

HARD-ROCK : Quelles nouvelles d'AC DC depuis votre dernier LP "Flick Of The Switch" ?
BRIAN JOHNSON : Nous avons terminé le 21 décembre une super tournée sold out de quatre mois à travers les States. Ensuite, nous avons pris sept semaines de repos bien mérité, 'home sweet home'. Je suis allé à Newcastle voir ma famille et boire des pintes avec les copains, puis je suis revenu chez moi en Floride où j'habite maintenant et ensuite je suis passé voir les boys du groupe. Depuis quelques mois  nous préparons le nouveau matériel et répétons les prochains concerts en Europe.
HARD-ROCK : "Monsters Of Rock" a été votre première apparition en Europe avec votre nouveau batteur, Simon Wright...
BRIAN JOHNSON : Yeah ! Simon est un très grand batteur, tu le verras par toi-même sur scène. C' est un mec cool qui s'est très bien intégré au groupe. Il vient de Manchester et jouait auparavant avec Titan. Tu sais, les relations humaines comptent autant que les capacités techniques.

HARD-ROCK : Pourquoi Phil Rudd, votre ancien batteur, est-il parti ?
MALCOLM YOUNG : Phil en avait marre depuis quelques années de ces incessantes tournées. II voulait profiter plus de sa famille, il faut le comprendre cela fait neuf ans que nous sommes sur la route. Nous étions aux Bahamas, en train de finir l'enregistrement de "Flick Of The Switch", lorsqu'il nous a annoncé que c'était fini pour lui. Nous l'avons bien pris : il a une famille, un yacht, une belle maison à Melbourne ; il est plus heureux comme ça. Cela n'a pas été trop traumatisant pour le groupe : c'était un très bon batteur mais il ne participait à aucune composition. Je pense sincèrement qu'après ce break, il se remettra à la musique.
HARD ROCK : Vos fans peuvent-ils espérer un disque avant la fin de l'année ?
BRIAN JOHNSON : Nous allons commencer à l'enregistrer dès que notre tournée européenne Sera finie. L'album sortira en février-mars 85  peut-être, et il sera produit par nous-mêmes. C' est tout ce que je peux en dire...

HARD ROCK : De temps en temps, ne regrettez-vous pas l'Australie ?
MALCOLM YOUNG : Non, bien que ce soit un pays magnifique. Dommage qu'il soit si loin. Nous pensions qu'avec le Concorde, ça nous rapprocherait. Mais, hélas, il ne va pas jusqu'en Australie... (rires).



HARD-ROCK : pensez-vous être en compétition avec des groupes comme Judas Priest ou Iron Maiden ?
MALCOLM YOUNG : (rires...). Non, pas du tout, je pense sincèrement qu'AC/DC a une meilleure "classe", nous n'avons rien à voir avec ces groupes de heavy-metal. Nous sommes un rock n'roll band et sans doute le premier heavy-rock band de ces dix dernières années depuis Led Zeppelin et les Who à avoir frappé aussi fort.

HARD-ROCK : As-tu des nouvelles d'Angus ?
MALCOLM YOUNG : Il est en pleine forme. comme le groupe entier, d'ailleurs. En ce moment, il est avec Cliff (Williams) et Simon en Suède
pour donner des interviews. Nous nous sommes partagé le travail.
HARD-ROCK : D' où tire-t-il cette énergie sur scène ?
MALCOLM YOUNG : Il est, habituellement, plutôt "dépressif", mais lorsqu'il monte sur scène, il veut montrer au public qu'il est le meilleur. C' est un show-man.

Nous sommes sans doute le premier heavy-rock band de ces dix dernières années depuis Led Zeppelin et les Who à avoir frappé aussi fort.


HARD-ROCK : Utilise t' il encore un masque à oxygéne en coulisses ?
MALCOLM YOUNG : Très rarement, seulement lorsqu'il fait une grosse chaleur ou si nous faisons deux shows à la suite. Mais Ce n' est pas une habitude.


HARD-ROCK
: Peut-on s'attendre à de nouvelles "surprises" dans votre nouveau show ?
MALCOLM YOUNG : Non, il n'y aura pas de "gimmicks" comme les critiques appellent les canons ou la cloche. Mais je n'aime pas beaucoup ce mot-là, car pour nous ce n' était que d'autres instruments inclus dans notre show. Il convient plutôt à des gens tels Alice Cooper ou Ozzy Osbourne. Nous sommes sur scène pour donner au public le maximum de "fun" et non pas pour donner un concert bourré de "gimmicks".





Le gateau du triomphe dans le "pub" des coulisses.
La biere, quant à elle, est déjà arrivée...


"Nous avons beaucoup de "fun" et les boys du groupe
sont très proches les uns des autres."


HARD-ROCK : Brian, quelle genre de musique écoutes-tu ?
BRIAN JOHNSON : well ! J' adore le blues, BB King, Muddy Waters et aussi Ry Cooder. De temps en temps, il m'arrive même d'écouter de la musique classique. Si un mec comme Wagner jouait de la guitare aujourd'hui, il serait un très sérieux concurrent pour nous (éclat de rire général).

HARD-ROCK : Avez toujours votre pub privé derrière les amplis ?
BRIAN JOHNSON : Yeah, mais nos roadies vont nous en construire un autre pour cette tournée. la scène étant plus vaste que d'habitude.

HARD-ROCK : Quelle est ta bière préférée ?
BRIAN JOHNSON : "Newcastle Brown Beer", man, c'est la meilleure bière au monde. J'essaie d'emporter le maximum de canettes en tournées, mais elles ne font jamais long feu, car le Groupe en descend pas mal !

HARD-ROCK : Ce n' est pas trop dur d'étre le chanteur d'AC DC ?
BRIAN JOHNSON : Si, bien sûr, mais c'est mon job et je dois travailler dur pour cela. Heureusement (touchant un des pieds de la table), je n' ai jamais perdu ma voix. Si cela m' arrivait, je crois que ce serait un vrai cauchemar : j' ai tellement vu de groupes obligés d'annuler des concerts, le chanteur ayant  perdu la sienne... Brrrr !
HARD-ROCK : Aimes-tu la vie en tournée ?
BRIAN JOHNSON : Yeah ! j' adore, nous avons beaucoup de "fun" et les boys du groupe sont très proches les uns des autres. Nous faisons tout ensemble : manger, discuter, plaisanter. Aucun des membres ne sort sans les autres. En regardant autour de nous, je pense que nous sommes un des groupes les plus soudés...

"Nous sommes sur scène pour donner au public le maximum de fun"

HARD-ROCK : Malcolm, quels sont les titres d' AC/DC que tu préfères ?
MALCOLM YOUNG : "Let There Be Rock" est notre meilleur titre, mais j'aime aussi beaucoup "Whole Lotta Rosie",  "HighWay to Hell" et "Ride On"

HARD-ROCK : Connais-tu la reprise de cette chanson par Trust ?
MALCOLM YOUNG : Je sais qu'ils en ont fait une mais je ne l' ai jamais entendue. J' imagine que c'est une bonne version, car ce sont d'excellents musiciens.

HARD-ROCK : Vous arrive-t-il de jouer dans des clubs ?
MALCOLM YOUNG : Parfois ça nous prend, aux States ou en Australie. Cela nous change des stades mais le groupe n'y perd pas son énergie : ce n'est pas parce que nous Jouont devant un public plus restreint qu' on va se donner moins. En France, ce n' est pas possible, vous n' avez que des "clubs disco" et nous ne voulons à aucun prix aller jouer dans ce genre d'endroits.
HARD-ROCK : Que pensez vous de cette réaction, aux USA, par rapport au heavy-metal qu'on assimile souvent à une musique satanique
MALCOLM YOUNG : Tout d' abord, je tiens à préciser de nouveau que nous ne sommes pas un heavy metal band mais un rock 'n' roll band. Nous sommes le dernier groupe auquel on s'en est pris là-bas. Avant nous, il y avait eu les Beatles, les Stones, Elvis Presley qui avaient eu de tels problèmes. Ceux qui ont cette réaction sont trop vieux, ils ne connaissent pas les aspirations des jeunes. Une certaine presse est responsable de tout ce cirque, nous nous sentons très loin de tout inepties écrites sur nous et de notre prétendu "pacte" avec le Diable. Nous sommes très irrités par tout cela : il y a même des maniaques aux USA qui distribuent des tracts à l' entrée de nos concerts pour expliquer aux kids que nous sommes voués au démon.

Ne craignez rien, kids, car même si ce diablotin d'Angus aime vous plonger dans les flammes ardentes du "heavy-rock" toujours vous en ressortirez sains et saufs.
Mais avouez que vous aurez eu vraiment très chaud...

Georges AMANN

* Texte et photos de Georges Amann
Interview diffusé dans HardRock magazine n°2 paru au mois d' octobre 1984