LE PREMIER LIVRE SUR
Les premières "révélations" about Iron Maiden sont désormais à votre portée dans "Remember Tomorrow", le numéro spécial hors-série d' HARD-ROCK MAGAZINE.
Des brumes de East End aux fumigènes de Long Beach Arena se sont écoulés dix ans. Dix ans d' une étonnante épopée au rythme infernal d' un bassiste à la personnalité et au jeu hors pair, Steve Harris, qui a su détecter les partenaires les plus compatibles, se démarquer de la horde aux dents longues et gagner les faveurs d' un public d' une fidélité exemplaire. Sans rien perdre de son originalité ni de sa sincérité. L' histoire exceptionnelle d' Iron Maiden méritait que l' on s' y penche avec attention et respect.
Voilà qui est fait !


Notre dernière rencontre avec Iron Maiden remontait à un peu plus d' un an, lors de leur dernier concert parisien, en novembre84.
Depuis, le groupe avais joué le parfait globe-trotter, instable et insaisissable. Il y a quelques jours, nous avons eu l' occasion de rencontrer Bruce Dickinson lors d' une visite éclair sur le territoire hexagonal. Il nous a présenté - Live After Death -, le dernier album d' Iron Maiden, et nous a parlé de la tournée, des projets et du prochain album du groupe.
En ce jour brumeux chargé des premières notes automnales, le portier du 'Warwick' avait fort à faire. Le va-et-vient des clients étrangers et intercontinentaux ne semblait pourtant pas affecter son air invariablement impassible. Le cliquetis de l' ascenseur soft et les quelques pas qui résonnaient dans le hall couvraient à peine les paroles jetées du fond du couloir. Au bar étaient installés les attachés de presse et Tony Wigens, l' assistant manager d' Iron Maiden. L' attente ne fut pas longue. En quelques minutesn le lead-singer était là devant moi. Pas besoin de se présenter, on se connaîr déjà !
- Are you ready for this interview, man ?
- Yeah, let's go...
Et c' est parti...


HARD-ROCK MAGAZINE : Que de concerts depuis Paris last year !
BRUCE DICKINSON : Oui, la tournée s' est terminée il y a trois mois seulement et je me demande encore comment on a pu en arriver au bout. Tu sais, Steve est venu me voir un soir, c' était aux States, au mois de février, je crois, et il m' a dit : "Je suis complètement crevé et je n' ai vraiment pas envie de monter sur scène." J' ai été un peu choqué en entendant cela de la part du leader fondateur d' Iron Maiden...

HARD-ROCK MAGAZINE : Vous ne pensez pas tourner aussi intensivement la prochaine fois ?
BRUCE DICKINSON : Non, vraiment pas. Cela a été beaucoup trop dur pour tout le monde. Cette fois-ci, je crois que nous allons nous concentrer sur les grosses agglomérations en ce qui concerne les Etats-Unis... Rien ne changera en revanche au niveau Européen. Mais on ne regrette absolument rien. Cette tournée a été tout simplement fantastique !

HARD-ROCK MAGAZINE : L' élaboration de votre double live a dû vous remémorer pas mal de souvenir...
BRUCE DICKINSON : Oui, on s' est bien marré avec Martin(Birch, the producer) lorsqu' on a commencé à écouter les bandes. On se souvenant de fans, de personnages qu' on a rencontrés au hasard d' une rue ou d' un bar. Un très grand plaisir.


HARD-ROCK MAGAZINE : Sur quels critères vous-êtes vous basés pour le choix des titres ?
BRUCE DICKINSON : Nous nous sommes basés avant tout sur la qualité d' éxécution des morceaux et non pas sur les titres eux-même Bien sûr, nous avions des idées bien précises des titres que nous voulions voir figurer sur l' album. Nous voulions surtout donner l' impression d' un vrai concert, c' est pourquoi les morceaux se déroulent dans le même ordre que lors de nos derniers concerts. Nous avons également insisté pour que le 'package' soit le plus beau et le plus complet possible. Je pense que les kids vont être contents, ils en ont pour leur argent.

HARD-ROCK MAGAZINE : Vous êtes toujours aussi attentifs aux aspirations de votre public
BRUCE DICKINSON : C' est tout à fait normal. Les kids payent très cher leur ticket de concert et leurs albums. Il faut donc leur montrer que nous les rexpectons en leur offrant le meilleur, toujours le meilleur. Je serais toujours étonné du nombre de groupe qui prennent leur public de très haut et qui envoient balader les fans à la première demande d' autographe.

HARD-ROCK MAGAZINE : Est-il facile pour un fan d' approcher les membres d' Iron Maiden ?
BRUCE DICKINSON : Oui, tout à fait, si le kid est assez patient. Il faut comprendre sa demande, mais il faut aussi qu' il comprenne que, de notre côté, nous avons de nombreuses obligations et qu' il n' est pas très facile pour nous de rester à discuter, même pour un laps de temps assez bref.

LE ROCK A RÉUSSI LA OU LES AMATEURS DE DISCOURS ONT ÉCHOUÉ
HARD-ROCK MAGAZINE : Considérez-vous ce nouvel album live comme un tournant dans votre carrière ?
BRUCE DICKINSON : C' est très difficile à dire. Nous avons attendu très longtemps avant de nous décider à le faire, car nous voulions vraiment que ce live soit excellent et vraiment représentatif d' Iron Maiden sur scène ; you know, the stage is our life ! Lorqu' un groupe fait un album live, c' est qu' il est arrivé à un certain stade, à son apogée en quelque sorte, et on se demande toujours ce que réserve l' avenir. C' est une sorte de superstition...

HARD-ROCK MAGAZINE : Avez-vous eu recours à des 'overdubs' sur ce live ?
BRUCE DICKINSON : Oui, bien sur, mais tous les groupes le font. Celui qui déclare n' avoir pas eu besoin d' overdubs pour un live ne dit pas la vérité.

HARD-ROCK MAGAZINE : Qu' as-tu pensé di Live Aid et de ses conséquences pour un pays aussi déshérité que l' Ethiopie ?
BRUCE DICKINSON : Dans l' ensemble, c' est une bonne chose et je pense que cela peut être positif pour ce pays. Mais il faut se dire qu' il y a premièrement des centaines d' endroits aussi défavorisés que l' Ethiopie, deuxièmement que l' on ne peut pas être sûr de la portée d' une telle action à long terme et troisièmement que la popularité de l' évenement a été bénéfique à beaucoup plus de personnes qu' on ne le pense...
 
HARD-ROCK MAGAZINE : Crois-tu que cela a pu changer la vision du grand public envers la rock music ?
BRUCE DICKINSON : Sur le moment, peut-être, car les gens se sont rendu compte que le rock a tout de même réussi là où de nombreux orateurs et amateurs de discours ont échoué. Mais dés la fin de Live Aid, les gens se sont posé des questions du style - cet argent va-t-il être réellement utilisé à bon escient ? - Et puis, il ne faut pas se leurrer, les gens se sont plaints du rock dés le tout premier accord de guitare de l' histoire du rock' n' roll, et ce n' est pas maintenant que ça va changer. Il faut trouver un bouc émissaire et le rock en est un. Il n' y a qu' à voir ce qui se passe aux Etats-Unis : là-bas, il y a tout un tas de pseudo-religieux qui te tombent dessus sous n' importe quel prétexte ; ils en trouvent toujours un de toute manière.


EDDIE RENAIT DE SES CENDRES

HARD-ROCK MAGAZINE : Justement, la pochette du live serait-elle une nouvelle vanne pour ces fanatiques religieux qui vous ont attaqués lors de la sortie de "The Numbers Of The Beast" ?
BRUCE DICKINSON : Oui, tout à fait. On est sûrs qu' ils vont recommencer leur cirque dés qu' ils vont voir le cimetière. Ils vont bien trouver un côté satanique au chat noir...

HARD-ROCK MAGAZINE : Quant à la réapparition d' Eddie...
BRUCE DICKINSON :  Là, ils vont s' en donner à coeur joie. En fait, nous avions décidé depuis longtemps de conserver Eddie pour de nouvelles pochettes. Après s' être réincarné en divinité égyptienne, Eddie renaît de ses cendres et retourne dans le monde des vivants sous la forme originale. Génial non ?



HARD-ROCK MAGAZINE : La pochette du nouveau maxi 45T est la première qui n' ait pas été dessinée par Derek Riggs.

BRUCE DICKINSON : Heu... on l' a pris un peu de court. Mais ce n' est pas du tout un manque d' inspiration. La pochette de "Live After Death" en est la preuve. C' est une peinturen une des plus belles que Derek ait jamais faites. Nous lui avons donné des idées de base et il s' est enfermé un bon moment sans que l' on aperçoive le bout de son nez. Lorsqu' il est revenu avec sa planche sous le bras, on est toux tombés par terre !

HARD-ROCK MAGAZINE : Parlons un peu de toi. Il parait que tu es maintenant habilité à enseigner l' escrime ?
BRUCE DICKINSON :  Gulp ! Oui, oui (d' un air modeste), j' ai obtenu le diplôme d' instructeur en escrime, mais ce n' est pas une très grande qualification.

HARD-ROCK MAGAZINE : Comment trouves-tu le temps de t' entaîner lorque tu es sur la route ?
BRUCE DICKINSON : Regarde, voilà mon planing : entraînement demain après-midi, là j' ai des interviews et je ne peux reprendre que la semaine prochaine. Là, tu vois, c' était pendant la tournée. Il y en a, hein, des jours d' entraînemant ! Je me débrouille toujours pour obtenir une liste des clubs d' escrime des villes dans lesquelles nous devons jouer et je réserve des heures longtemps à l' avance. Je ne peux pas rester très longtemps sans jouer ; pour moi, c' est un besoin, cela m' aide beaucoup à trouver un équilibre lorsque je suis sur la route. Il m' arrive souvent de participer à des compétitions on the road. Mais bon, je n' attache pas trop d' importance aux résultats... L' escrime de haut niveau a ses magouilles... Tiens, tu vois, je vais certainement venir en France le mois prochain car il y a une compétition dans le Nord. (Il se lance dans des explcations sur le réglement des compétitions, sa tactique d' attaque...).

HARD-ROCK MAGAZINE : Tu es intarrissable en excrime, je crois que tu l' es aussi sur Deep Purple...
BRUCE DICKINSON : Je suis un fan de Deep Purple depuis très longtemps. D' ailleurs, tu te rappelles la première fois qu' on s' est rencontrés, j' écoutais "In Rock" à fond la caisse dans le bus et c' est comme ça qu' on a sympathisé.
HARD-ROCK MAGAZINE : Yeah, I remember...
BRUCE DICKINSON : J' ai bien aimé leur dernier album, surtout le morceau "Perfect Stranger", et je ne regrette pas du tout leur reformation. Ce que je déplore en revanche, c' est de ne pas les avoir vus sur scène récemment.

HARD-ROCK MAGAZINE : Et nous quand aurons-nous l' occasion de vous revoir ?
BRUCE DICKINSON : Il y en a pour un bon moment malheureusement. Au mois de janvier, nous allons retourner au 'chalet', à Jersey, pour composer les nouveaux morceaux et nous n' entrerons pas en studio avant la fin février, je crois. Nous ne viendrons pas avant cinq, six mois au moins.

HARD-ROCK MAGAZINE : As-tu déjà quelques "Révélations" à faire sur le prochain album ?
BRUCE DICKINSON : Pas vraiment. Nous avons composé quelques trucs, Steve a trouvé deux ou trois ligne de basse en tournée, sinon rien n' est encore bien précis. Mais ne t' inquiète pas : Iron Maiden's gotta get you, no matter how far, how long.

* Texte Nelly Saupiquet
* Photos/ images prisent sur internet. Si les auteurs ne m' autorisent pas à diffuser ces photos, qu' ils me contactent, je les supprimerais.
Interview diffusé dans HardRock magazine n°16 paru au mois de décembre 1985