"NOUS APPELONS NOTRE MUSIQUE INTELLECTUAL FLASH"

HARD-ROCK MAGAZINE: comment as-tu ressenti cette éviction de Metallica ?
DAVE MUSTANE: Je suis entré dans une période assez noire. Je ne savais pas si j'allais continuer dans la musique, car j' étais assez déçu au fond de moi-même de cet échec, et surtout, je n' appréciais pas la manière dont le heavy-metal évoluait aux Etats-Unis, tout ces bouffons qui suivent le mouvement à la mode..

Pourquoi as-tu décidé de reformer un groupe ?
C' est venu par hasard. Je me posais toujours un tas de questions, lorsque j'ai rencontré Dave Ellison, le bassiste, à Los Angeles, il avait une volonté de fer, la même passion que moi pour le pur metal sans fioriture. Cela a été le déclic, et nous nous sommes aussitôt mis à la recherche d' un autre musicien, que nous avons trouvé en la personne de Lee Ranch, un batteur assez "jazzrock", qui errait lui aussi à la recherche d'un groupe. A partir de là, tout s' est enchainé très vite, la démo, le deal avec Important/Combat Records, l'enregistrement du premier album, "Killlng Is My Business... And Business ls Good"

Comment définissez-vous votre musique ?
Nous l'appelons l' "intellectual flash". C'est une musique puissante et violente qui ouvre sur la réalité de la vie. En fait, elle est très proche du punk, c'est une sorte de "punk metal".

Vous sentez-vous plus proches des punks que des hard-rockeurs ?
Non, pas vraiment. Les punks ont une mentalité, une attitude et des idées qui sont très différentes des nôtres. Nous aimons seulement leur manière d'analyser la société et d' utiliser leur énergie.
"KILLING IS MY BUSINESS... AND BUSINESS IS GOOD !" TELLE EST LA TERRIBLE PROFESSION DE FOI ET LETITRE DU PREMIER ALBUM DE MEGADETH, LE SPEEDMETAL GANG DE DAVE MUSTAINE, L'ANCIEN GUITARISTE DE METALLICA.  ILS ONT NÉANMOINS ÉPARGNÉ LA JOURNALISTE DE HARD-ROCK MAGAZINE. PREUVE QU'ILS ONT BON GOÛT !...


N' as-tu pas peur qu'un jour le public essentiellement jeune du speed se lasse de cette musique parce qu' elle est assez limitée ?
Non, je ne crois pas. Les groupes mélodiques existent depuis longtemps, et si le public se tourne vers le speed, c' est qu'il en a besoin et qu' il en a assez des sucreries...

Avez-vous un deuxième album en perspective ?
Oui, bien sûr, ainsi qu' une vidéo et un single. En ce qui concerne le prochain album, il sera encore plus speed que le précédent. Nous ne voulons pas nous assagir sous prétexte de gagner une plus large audience. D'ailleurs, notre nom est significatif de notre état d'esprit... Au point de vue des lyrics, nous nous sommes éloignés du trip "mort et vengeance" sur lequel nous avions insisté sur le premier album. Nous avons beaucoup écrit sur les faits divers, les événements du monde actuel.

Justement, au sujet de vos lyrics axés sur la mort, la violence et la destruction, est-ce un état d'esprit ou bien des mots qui conviennent particulièrement au "speed metal" ?
C'est un état d' esprit, nous n'aimons pas la manière dont le monde et les hommes évoluent. Pourtant, nous savons que nous n'y pouvons rien, pas plus nous que quiconque. En plus, nous sommes jeunes, et il est normal que nous soyons critiques, et aussi pessimistes.
"SUR SCÈNE, ON NE PEUT PAS TRICHER!"

Etes-vous aussi pessimistes au sujet de votre carrière ?
Non, ou plutôt on essaie de ne pas l' être. Il faut s'accrocher, et surtout ne pas se prendre trop au sérieux. Dans ce métier, les gens se prennent beaucoup trop au sérieux, alors qu'à la base, le rock'n' roll, c'est fait pour s'éclater. C'est ce que nous essayons de faire, et on n'a pas trop de problèmes, parce que la musique, chez nous, c'est ce qui compte le plus. Je sais que ce que je viens de dire peut paraitre comme un cliché, et que beaucoup de groupes disent la même chose, mais dans notre cas, c'est très sincère ; il n'y a rien de plus vrai.

Allez-vous nous rendre visite ?
On l' espère, pour l'instant, nous effectuons une tournée aux Etats-Unis en compagnie d'Exciter, et cela se passe très bien. Nous envisageons une tournée européenne dans le cournat de l'automne, aux alentours du mois d' octobre. Cela ne dépend pas que de nous, une tournée européenne coûte très cher, et la meilleure solution est celle d'une première partie d'un groupe important. Nous aimerions bien jouer partout ; la scène est pour nous un véritable paradis, même si les conditions ne sont pas idéales. Et puis, c'est aussi un endroit où aucune tricherie n'est possible.

Nelly SAUPIQUET

* Texte Nelly Saupiquet
* Photos/ images prisent sur le magazine. Si les auteurs ne m' autorisent pas à diffuser ces photos, qu' ils me contactent, je les supprimerais.
Interview diffusé dans HardRock magazine n°13 paru au mois de septembre 1985